DX Bulgarie

DX Bulgarie, par Yvo Ivanov

L’orage magnétique du 7 avril et son impact sur les OM…

Le 6 avril dernier a été enregistrée une éruption massive à la limite du disque solaire. Et ce sont les observatoires d’observations astronomiques « Hinode » au Japon et « Tesis » en Russie qui s’en sont rendu compte les premiers. Ce qui est frappant dans ce cas concret c’est que ce phénomène n’a pas été identifié par le système global d’observation GOES. 24 heures plus tard, le flux de plasma a atteint la Terre provoquant un orage magnétique massif, mais uniquement dans les latitudes à l’extrême Nord ou à l’extrême Sud. De plus, les astronomes ont observé le phénomène naturel de l’aurore boréale. Le 7 avril au soir et dans la nuit du 8 avril un grand nombre de stations radio ont carrément disparu du spectre des OM et OL. Tel l’émetteur superpuissant d’Arménie sur 1350 et 1377 kHz, ou encore ceux de l’Espagne et de la France sur 738 et 1575 kHz, au lever du jour. La cause de cette mauvaise propagation des ondes radio doit être recherchée dans la présence des ondes spatiales et terrestres qui permettent la diffusion de toutes les ondes sans exception. L’onde terrestre se propage de manière radiale par rapport à l’antenne de diffusion. Elle atteint l’ionosphère où elle est réfléchie, à l’instar des OC, mais cette réflexion est à peine perceptible pendant la séquence éclairée de la journée. Ensuite, l’onde réfléchie fait le chemin inverse vers la superficie de la terre, suit un nouvel épisode de réflexion, un nouvel aller-retour, et ainsi de suite jusqu’à ce que son énergie soit totalement épuisée. Ce qui compte dans ses mouvements c’est la fréquence. Pour les OM, autour de 900 kHz, la réflexion est plus faible au départ, ce qui signifie qu’elle ne tarde pas à s’estomper au point de disparaître complètement, même pendant la nuit. En clair, si vous souhaitez faire des observations sur OM, tentez les fréquences en-dessus des 1000 kHz. Les offices de radiodiffusion qui souhaitent envoyer un signal au loin, recourent à ce type de paramètres. Pour en revenir à la disparition du signal radio le 7 avril dernier, il est surtout dû au bouleversement de la diffusion normale de l’onde dans l’espace, suite aux anomalies du champ magnétique. Ces dernières étant dues à l’éruption au niveau de la couronne du Soleil et de l’orage magnétique qui s’en suit. Et c’est là qu’interviennent les ondes terrestres qui se propagent à proximité de la terre, sachant que pour les OM et OL, les obstacles sur leur passage font qu’on les capte mal. Le signal passe mieux si ces ondes franchissent des bassins d’eau, les mers et les océans notamment. L’onde terrestre n’est pas influencée par les éruptions du soleil. Si vous disposez d’une bonne antenne et d’un récepteur de haute puissance, vous déjouerez les orages magnétiques. Une chose est sûre, la réception est meilleure chaque fois qu’elle est assurée par un émetteur puissant qui coûte cher et que ne peuvent se permettre que les offices de radiodiffusion des pays riches. On parle de plus en plus souvent ces derniers temps à la tendance à faire disparaître les émissions radio au profit d’Internet. Mais nous voudrions rappeler à ce propos qu’aux USA, par exemple, où les télécommunications sont très développées, obtenir une licence pour pouvoir émettre sur OM demande des mois, voire des années, à cause du nombre impressionnant de candidats. Bref, le progrès technologique n’empêche pas la diffusion de programmes sur les ondes.

L’impact du Soleil et de la pollution de l’espace sur la réception…

Nombreuses sont les théories sur le Soleil qui ont été démenties pour la seule année dernière. La cause en est l’activité solaire qui se fait toujours attendre. Ainsi en 2008, pendant 266 jours il n’y a pas eu une seule tache solaire, ce qui fait 73% des 366 jours que comptait l’année. Depuis que les observations sont faites sur le Soleil, il n’y a que l’année 1913 où le nombre des taches solaires a été inférieur à celui de 2008, 311 jours sans sunspots, pour employer le terme anglais. Pour 2009, jusqu’au dernier pointage le 31 mars, dans 87% du temps il n’y a eu aucune tache solaire, autrement dit sur 90 jours il n’
a eu que 12 avec des taches. D’après toutes les théories scientifiques connues à ce jour, l’activité solaire, y compris les sunspots et les éruptions exercent une forte influence sur la propagation des ondes radio, surtout les OC, mais aussi dans une moindre mesure les OM et les grandes ondes. Ils sont de plus en plus nombreux les auditeurs qui se plaignent de la dégradation du signal et de la réception déplorable, allant même jusqu’à ne plus capter du tout les programmes écoutés. Et c’est sûr que le Soleil est à l’origine de cette situation. Sa seule manifestation électromagnétique se traduit dans les « trous coronaires » d’où sont rejetés des flux de plasma qui sont à l’origine des orages magnétiques et du phénomène de l’aurore boréale, apportant une légère et instantanée amélioration de la réception.
Outre l’impact du Soleil, il existe probablement une autre cause des variations de l’état des ondes radio. Il s’agit notamment des effets de pollution du « cosmos de proximité », c’est-à-dire de cette partie de l’atmosphère de la Terre peuplée par des engins artificiels volants créés par l’homme, plus spécialement des corps métalliques. Dès le milieu des années 60 du XXe siècle a vu le jour une idée qualifiée d’exotique à l’époque qui consistait à lancer dans l’ionosphère des milliers de pièces métalliques dont la forme rappelait l’aiguille de la tête de lecture des phonographes d’antan. Le but était d’améliorer la réflexion des ondes radio par l’ionosphère. Pour des raisons à la fois techniques et financières, le projet n’a pas eu de suite, mais en revanche, les hautes fréquences de l’atmosphère se sont trouvées polluées par d’autres corps, dont la plupart d’origine métallique et qu’on appelle couramment « déchets cosmiques ». A l’heure actuelle, des milliers de particules font le tour de la terre, une partie se trouvent dans l’ionosphère, le reste sur une orbite plus élevée avec une tendance à retomber dans l’ionosphère. Et le nombre de ces corps célestes ne fait que croître. En février dernier, deux satellites sont entrés en collision et il y a eu pas mal de débris. Les autorités militaires de certains pays suivent de près ce qui se passe dans le ciel et nous avons appris il y a quelques jours que le Pentagone envisageait d’accroître les dépenses pour ce type d’observations. Pour l’heure 19 000 objets volants ont été identifiés de plus de 10 cm. A propos, il existe un groupe de spécialistes qui au contraire, considèrent que les déchets cosmiques sont censés améliorer la radiodiffusion.

Les radios libres…

Dès les premiers balbutiements de la radiodiffusion, dans les années 20 du XXe siècle, parallèlement à l’implantation des stations publiques et officielles, le spectre des ondes se trouve peuplé de petites radios, pilotées par des amateurs qui fabriquent eux-mêmes leurs émetteurs artisanaux. Aujourd’hui encore, en feuilletant les guides DX périodiques ou les guides internationaux tel que le « Passeport pour les OC », ou encore « Emetteurs et Fréquences », on tombe sur des listes de stations de cette catégorie. Et ces radios libres peuvent être répertoriées en deux groupes : à tendances politiques et à contenu musical. Quant aux stations qui diffusent essentiellement de la musique, elles se répartissent en commerciales et en stations pour les pros et les mélomanes. Le grand boom des stations commerciales a été observé dans les années 60 du siècle dernier, avec les tunnels de réclame interminables et permanents, tels que Radio Luxembourg, Radio Mer du Nord Internationale, ou encore Radio Veronica…La plupart de ces radios émettaient depuis des bateaux qui avaient jeté l’ancre au large des eaux territoriales et dont les programmes couvraient les métropoles avoisinantes. Ce qui est le point commun de toutes ces radios, c’est qu’elles offrent une succession de plages musicales animées par différents présentateurs. Sur ces radios, vous ne trouerez ni flash d’information, ni rubriques thématiques. Une partie de ces stations émettent sur des fréquences et sur des OC qui ne sont plus utilisées dans la radiodiffusion classique, et sont réservées aux radioamateurs et aux messages techniques. Ce qui fait que les autorités des pays concernés ne s’en soucient guère, il s’agit notamment des Pays-Bas, de la Grande-Bretagne, de l’Irlande, entre autres pas occidentaux. Il est rare de retrouver dans cette liste des pays scandinaves, de l’Europe de l’Est, à l’exception de l’Europe du Sud-ouest et de l’Amérique du Nord dont les stations commerciales arrivent à percer. Justement en Europe occidentale, ces stations portent des noms exotiques telle sur Radio le-Triangle-des-Bermudes d’Allemagne, ou encore la Flèche noire des Pays-Bas. Et dans cette liste insolite on retrouve des noms de stations tells que Boomerang, Cactus, Condor, Casanova, Mazda, et j’en passe. Certaines de ces stations ont une adresse fixe et gratifient même leurs auditeurs de cartes QSL. En revanche certaines stations grecques qui utilisent la nouvelle bande X des OM, diffusent des programmes en total anonymat – il s’agit essentiellement de la musique folklorique grecque malheureusement avec une modulation totalement distordue. Tout cela parce que la plupart des émetteurs grecs sont de fabrication artisanale et présentent une surcharge de fréquences harmoniques, qui entravent la réception normale dans la bande des 60 et des 90 m OC. Rarement, mais ce n’est pas exclu, on peut localiser dans ce diapason X des émetteurs diffusant de la musique folklorique serbe.
Pour en revenir à l’historique des radios libres, on en connaît pas mal qui opèrent depuis des navires au large des côtes d’Israël et de Nouvelle-Zélande. Telle la « Voix de la Paix », propriété d’un émirat qui diffusait des appels à la réconciliation au Proche-Orient. Au XXIe siècle, certaines des anciennes stations musicales se sont lancées dans l’achat d’heures d’antenne à des centres de radiodiffusion en Allemagne, en Slovaquie et en Lituanie pour y installer leurs propres programmes, auditionnés dans le monde entier grâce aux émetteurs ultra puissants. Pour ce qui est des radios amateurs, la dernière en date qu’on a pu capter est Radio Kiss de Russie.

L’activité solaire au plus bas…

La bande des 41 m après la réforme…
Depuis le début de l’année, nous assistons à une véritable dégringolade de l’activité solaire ramenée au plus bas sur les cent dernières années. La fréquence des rejets de plasma et de ses dérivés qui auparavant était observée plusieurs fois par jour, n’est observée aujourd’hui qu’une fois par mois. Jusqu’à présent les orages magnétiques sur Terre s’expliquaient essentiellement par les éruptions du solaire et le nombre des taches solaires. Et quelle que soit la situation, les orages électromagnétiques dans l’atmosphère sont toujours en vue, et le 13 mars dernier en Norvège du Nord a été observée une très belle aurore boréale. Tout porte à croire que l’origine et l’explication des processus conditionnant l’instabilité magnétique par période de faible activité solaire feront l’objet de nombreuses études et expertises scientifiques. Quant à la diffusion des ondes, elle découle directement de l’état de l’ionosphère et du champ magnétique de la Terre. Actuellement, nous sommes témoins d’une dégradation significative de la réception et de la diffusion en général, surtout quand les liaisons sont établies entre deux continents différents. D’après les chercheurs des institutions prestigieuses, une amélioration de la réception ne se fera pas avant le mois d’août.La radio, c’est d’une part la diffusion des ondes, et de l’autre – ses auditeurs qui auditionnent la musique et les paroles que leurs distillent leurs stations favorites. Il y a aussi les radioamateurs qui utilisent la téléphonie, l’alphabet morse, leurs propres stations et relais pour communiquer. L’Union internationale des télécommunications a délimité différents segments du spectre électromagnétique /appelés communément bandes/ qui désignent ces deux types d’activités. Depuis une dizaine d’années, il existait cependant un diapason très contesté et il se trouve que la réforme du 29 mars dernier ait trouvé une solution au problème. Il s’agit de la bande comprise entre 7100 et 7200 kHz, ou pour être encore plus précis entre 7101 et 7199 kHz, appelé communément la bande des 41 m. Dans les années précédentes, les stations d’Europe, d’Asie, d’Afrique, d’Australie et du Pacifique avaient le droit d’émettre sur les fréquences comprises entre 7105 et 7200 kHz. Pour le continent américain, c’était la plage réservée aux radioamateurs et la bande était souvent très encombrée. L’IARU qui a une forte influence au sein de l’Union internationale des télécommunications a réussi a faire passer la décision d’après laquelle à compter du 29 mars 2009, toutes ses fréquences soient attribuées à la bande des 40 m. D’ailleurs nous avons longuement parlé dans nos précédentes émissions des tenants et des aboutissants d’une pareille démarche. Et comme on s’y attendait, certaines stations opérant dans des pays plus pauvres n’ont pas eu la possibilité de régler leurs installations et émetteurs sur les nouvelles fréquences. Les observations faites les 29 et 30 mars montrent que la Corée du Nord utilise toujours la bandes 41 m, comme d’ailleurs l’Ethiopie, certaines stations locales chinoises, la Biélorussie, le Sri Lanka, entre autres.

La Radio Mondiale

Nous sommes témoins d’une faible activité solaire depuis deux années déjà, et de là aussi à de longues périodes de temps pendant lesquelles la réception radio sur ondes courtes est rendue plus difficile. Parfois les auditeurs radio n’arrivent pas à capter  leur programme favori, à cause des faibles signaux radio. Il existe cependant d’autres moyens de réception radio, grâce aux nouvelles techniques et leur utilisation par la diffusion de programme radio grâce à Internet, aux satellites etc. Ce moyen n’englobe pas toutes les émissions radio dans le monde, mais il peut aider, bien que partiellement, les auditeurs.
La Radio Mondiale ou la World Radio Network qui est basée en Grande-Bretagne en fournit des possibilités. Fondé en 1992, ce service diffuse des programmes radio par une station donnée pour les auditeurs de différentes manières. Le signal d’une radio donnée est envoyé par des satellites de télécommunications ou un autre satellite ou bien par câble, jusqu’au studio de la Radio Mondiale et de là il est diffusé via Internet, par des satellites géostationnaires, par des stations radiotéléphoniques mobiles etc.… L’organisation utilise également une diffusion par les ondes courtes, par exemple les émetteurs de la société de radio diffusion Média Broadway en Allemagne et ailleurs. En Amérique du Nord, par exemple on utilise aussi un système numérique direct par satellite, le Sirius, cela se fait par le satellite géostationnaire Galaxy 19 sur une position 97 degrés ouest et une fréquence de 12 177 GHz. En Europe cela est réalisé par le système de réception DAB ou Digital Audio Broadcasting des complexes de satellites géostationnaires Astra sur une position de 19 degrés est et la fréquence de 12 633 GHz et « Eutelsat » plus connu comme le « Hot bird » sur 13 degrés est et 12 597 GHz. Les programmes de la Radio Mondiale sont diffusés vers l’Afrique, l’Asie, l’Océan Pacifique par les satellites du système World Space. Les émissions 24 heures sur 24 de ce réseau sont diffusées en 10 versions. Quatre en anglais pour l’Europe, pour l’Asie et l’Océan Pacifique, pour l’Afrique et le Moyen Orient ainsi que pour l’Amérique du Nord. Trois en français, arabe et russe pour le monde entier et trois en différentes langues pour l’Afrique, l’Asie et l’Amérique. En outre il y a aussi un nouveau programme avec des émissions en allemand via les satellites Astra et Hot Bird. Les stations de radio qui sont branchées sur ces diffusions sont surtout des stations publiques, mais il y en a aussi des stations privées et parmi ces dernières aussi des stations religieuses. Il y a aussi des usagers de DX programmes. Dans les longues listes de stations radio nous avons Radio Prague, Radio Slovaquie, Roumanie, le Vatican, la Pologne, la Voix de la Russie et d’autres… même d’autres continents – Corée, Equateur, etc.

Les plus nombreuses stations diffusent en anglais et ici nous pouvons capter Radio l’ONU, radio Nouvelle-Zélande, Australie, Canada etc. même radio Guandong de Chine. Il y a des organisations radio qui n’émettent pas sur ondes courtes et nous ne pouvons les recevoir que là, bien entendu aussi sur des émetteurs sur ondes ultra courtes locaux mais à la diffusion radio limitée. La Radio Mondiale émet aussi le programme DX le plus célèbre Le monde de la Radio animé par Glenn Hauser. Nous avons passé en revue brièvement l’un des moyens de recevoir les programmes radio. Nous parlerons des autres systèmes de radiodiffusion dans nos futurs programmes.

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2 commentaires

  1. Ceci dit, les gens n’ecoutent pas les ondes courtes. Pour les stations, un des elements dans la prise de decision est aussi le fait que les emissions touchent relativement peu de gens.

  2. Bonjour,

    Merci pour votre commentaire. L’écoute des ondes courtes est plus importante que vous pouvez le penser … Vous avez raison si on se réfère à l’Europe mais vous n’avez pas forcément raison si vous vous référez à d’autres continents en particulier l’Afrique mais pas seulement …

    Pour l’Afrique, beaucoup de stations focalisent leurs efforts avec des émissions en anglais mais aussi en français (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Corée du Sud, Japon) Sans compter que des pays tropicaux utilisent les bandes tropicales pour toucher des populations nomades et dispersées sur de vastes territoires ! L’Indonésie avec 20 000 îles diffuse en ondes courtes ! La Russie et le Chine diffusent en Ondes courtes et même en DRM pour couvrir leur territoire … Et puis il y a des pays qui diffusent dans leur langue nationale pour toucher des diasporas importante répartie sur le globe : Chine, Japon, Corée, Roumanie, Grèce …

    Vous trouverez des informations sur différent sites web … Bonnes écoutes …

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